7.10 Au delà des apparences : quel bénéfice en tirent vos informateurs?
Tout bon journaliste sait l’importance d’avoir une armée d’informateurs. Cette liste se bâtit au fil des ans. Quelques informateurs peuvent devenir des amis et, en fin de compte, toute personne à qui vous parlez peut vous fournir de l’information, publiable ou pas. C’est une relation professionnelle. Vous devez être conscient que vos informateurs ont tous une raison de vous renseigner. C'est peut être simplement parce qu’ils vous admirent et qu’ils respectent votre travail. Bravo! Peut-être veulent-ils voir leur nom dans le journal. Dès lors, tant mieux pour eux si leurs déclarations sont spectaculaires. D’autres peuvent avoir des objectifs moins avouables. Peut-être veulent-ils que vos articles leur attirent davantage de financement, ou une promotion. Consciemment ou pas, ils veulent influencer votre opinion. Interrogez-vous toujours sur les motivations de vos informateurs, surtout quand vous allez au delà des simples résultats de recherche pour aborder des enjeux sociétaux.
Fondamentalement, tout bon journaliste devrait d’abord chercher la vérité. Par contre, les gouvernements et les individus ont plutôt tendance à cacher ou à retarder la diffusion des informations qui ne leur sont pas favorables. Il y a donc parfois conflit. Aux États-Unis, la Loi sur la liberté de l’information (FOIA) donne au public le droit d’obtenir certaines informations des agences gouvernementales, comme la Loi d’accès à l’information au Canada. Même un journaliste scientifique qui n’a qu’un intérêt passager pour les politiques scientifiques devrait régulièrement faire des demandes d’accès à l’information. Il arrive que les gouvernements ne répondent pas pleinement (hum!) ou rapidement mais cela vaut la peine d’essayer.
Malheureusement, peu d’autres pays ont un mécanisme similaire pour obtenir de l’information de fonctionnaires réticents. Si vous ne savez pas ce que la loi de votre pays vous permet, parlez-en à vos collègues. Tirez parti de leur expérience. Demandez conseil aux associations de journalistes nationales ou internationales. Et quand surgissent des problèmes juridiques, discutez-en avec vos patrons et trouvez-vous des avocats compétents.
Il arrive que l’information soit un « secret d’État » et qu’il y ait conflit avec votre recherche de la vérité. Le secret d’État et la sécurité nationale peuvent avoir un sens très large dans certains pays. Certains gouvernements vont jusqu’à prétendre qu’une information demeure secret d’État même après qu’elle ait été publiée sur internet, par exemple. C’est le cas en Chine. Il peut être très frustrant de discuter avec des représentants de ce gouvernement. Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas seul à vivre cela. Attaquez l’histoire sous plusieurs angles différents. Élargissez votre liste d’informateurs. Adressez-vous à des sources non gouvernementales. Aussi frustré que vous soyez, passez par-dessus et remettez-vous au travail. Imaginez que vous êtes un détective!
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