World Federation of Science Journalists

Amundsen - Anne Debroise




Anne Debroise
Free-lance journalist, Science &Vie, La Recherche
France

L'Amundsen

J'avais lu beaucoup de choses a propos de ce brise-glace de recherche. La beauté de l'Arctique. Le choc de la coque contre les glaces qu'il force. L'ambiance chaleureuse. Mais lorsque j'ai embarqué fin mai, après avoir gagné une compétition ouverte aux journalistes scientifiques du monde entier, j'ai été bluffée. Le 24 mai fut une journée exceptionnelle, telle que les scientifiques eux-mêmes en avaient peu vu. Le Soleil éclatant faisait vibrer le bleu curaçao typique des glaces de plusieurs années. La banquise était du coup peuplée de scientifiques en goguette, appareil photo à la main. Potaches comme à la récré. On cachait les blousons, on se balançait des boules de neige, on faisait des courses de motoneige. On avait même abandonné au vestiaire les combinaisons de survie Mustang, pour adopter une polaire légère. La journée avait redonné un peu de punch à l'équipage en fin de « leg », c'est à dire de mission. Beaucoup sont là depuis 3 mois, voire 6 pour les plus acharnés. Et dès le lendemain, avec le retour à la routine, la fatigue et la lassitude se font sentir. Il faut dire que ces passionnés ne comptent pas leurs heures. L'analyse des échantillons prélevés sur la glace ou dans l'eau doit souvent se faire dans la foulée si l'on ne veut pas que les algues ou les petits animaux meurent. Il n'est pas rare pour certains d'enchaîner 12 à 17 heures de travail d'affilée. Alors on rêve de forêts, de famille, de verdure... En commençant à regretter les amis faits à bords, et à planifier la prochaine expédition, sur l'Amundsen ou ailleurs !
Rien de tel pour un journaliste qu'une bonne plongée sur le terrain. Surtout quand le terrain est aussi exceptionnel que celui-là. On remet en perspective le travail de fourmi des scientifiques, la difficulté du recueil des données, quand on a les mains gelées et que ses sondes sont prises dans la glace. J'ai eu sur l'Amundsen un petit aperçu de ce qui se trouve parfois derrière les articles scientifiques dont je nourris mon travail. De la passion, de la patience, de la ténacité...

Anne Debroise

 


 

 

Read Anne Deboise Article published in the special issue of
Science et Vie about "the new explorators".
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Application essay

I may be one of the French scientific journalists who have invested the most in the vulgarization of the phenomenon of global warming. However this is not the reason why I would like to win this competition. Even if I have written numerous and lenghthy articles and a book about the subject, even if I'm the first french journalist having published a complete interview of Rajendra Pachauri, even if I have been invited to speak and debate about climate change, it's all theory.

As a free-lance journalist, I have poor occasions to travel and touch the reality of the phenomenon. Of course I experienced the 2003 heat wave in France. I made a report about the shrinking of the Pyrenées glaciers, which are retreating more rapidly than the Alpes. They have lost 90% of their surface, a lot of them have disappeared, and the higher ones may only have 20 or 30 years to live. But I'm sure that it cannot compare with the situation in the North pole, where the warming is going on at high rate. Actually, I haven't seen the damages outside of my country. My perception about climate change is only a local one, even though it is a global phenomenon.

Of course, I have read, I have discussed with scientists in their labs, when they have returned from their trips and begin, for example, to analyse the ice that they have brought back with them. I have to believe their findings, what they have seen, their photos and their conclusions.

However a journalist has to live these things to bring them alive.

I'm a free lance journalist, because I like to preserve my independance and change of style. Every week, I write for a large public, from children from 8 years old, to researchers in science. It was my choice to diversify the newspapers with which I work (which have trusted me for at least 7 years). And this is advantageous in such occasions. If I win this week aboard an antarctic icebreaker, the several editorial staff with which I work would be enthusiastic to publish this adventure, in their different styles. Wapiti, a nature magazine for curious 8-12 year olds, Les Clés de l'actualité, focused on news for the teens, Science et Vie, the magazine for all people who like scientific adventure.

And when I'm next invited to conferences, I will be able to say : believe me, I've seen it.